Un candidat aux élections professionnelles est protégé même s’il se trompe dans la date des élections

Les candidats aux élections professionnelles bénéficient du statut de salarié « protégé » pendant les 6 mois qui suivent la date d’envoi par lettre recommandée des listes de candidatures, au premier ou au second tour du scrutin (article L 2411-7 du Code du travail).

Cette protection bénéficie aussi au salarié qui a signalé à son employeur son intention de se porter candidat aux prochaines élections professionnelles avant la conclusion du protocole d’accord préélectoral (Cass. Soc. 18 novembre 1992, n° 88-44905).

La Cour de cassation vient de préciser que l’employeur qui a connaissance de l’imminence de la candidature d’un salarié aux élections professionnelles ne peut pas le licencier sans l’accord de l’inspecteur travail, peu importe que le salarié ait indiqué une date erronée pour les élections dans le courrier adressé à l’employeur.

Dans cette affaire, un salarié avait informé par courrier l’employeur de sa candidature aux prochaines élections professionnelles.

Le lendemain de la réception de ce courrier, l’employeur avait convoqué le salarié à un entretien préalable à un éventuel licenciement, puis l’avait licencié pour faute grave quelques semaines plus tard.

Le salarié avait saisi les juges d’une demande d’annulation de son licenciement en invoquant le statut protecteur dont il bénéficiait, compte tenu de l’annonce de sa candidature imminente aux élections professionnelles.

Selon l’employeur, ce statut protecteur ne s’appliquait pas étant donné que le salarié avait indiqué une date erronée des élections dans son courrier et qu’il n’y faisait pas état de sa candidature au second tour.

Or, selon la Cour de cassation, la protection du salarié au titre de l’imminence de sa candidature, s’applique dès lors que l’employeur en a eu connaissance avant la convocation à l’entretien préalable, peu importe la mention d’une date erronée des élections par le salarié.

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Cass. soc. 27 novembre 2019, n° 18-16975